1) Le diable coeur historique du satanisme

Afin de comprendre quel est l'héritage du satanisme de nos jours, il est primordial d'évoquer les fondements de Satan et de son satanisme.

 

Avant l'apparition du christianisme, une représentation du mal était déjà présente dans les différentes religions.
Incarnation même de la malveillance et de la corruption, Satan a su prendre de nombreuses formes : il est Ahriman chez les Perses, Lucifer pour les babyloniens, Ham shatan pour les hébreux, Iblis dans le coran (qui refusa de se prosterner devant Allah), Marah chez les bouddhistes, Méphisto dans la légende de Faust et Belzébuth chez les philistins. (Dieu des mouches)

Le nom de « Satan » apparaît chez les esclaves juifs de Babylone. Utilisé pour nommer une personne d'adversaire ou de coupable, cette appellation faisait partie du langage courant.
Mais pour les religions avant-chrétiennes ces divinités sont le miroir du genre humain : Elles ont un caractère malveillant, mais sont vénérées pour leurs aspects positifs, protecteurs. Ce n'est qu'avec l'apparition du christianisme que l'existence d'une créature symbolisant le mal sous tous ses aspects fût créée.
«Je forme la lumière et je crée les ténèbres, je fais le bonheur et je crée le malheur : c'est moi, le Seigneur, qui fais tout cela » (Livre D'Isaï 45,7)

 Le christianisme s'est beaucoup inspiré des religions hébraïque et islamiques pour la représentation de Satan :

  • Le dieu ahriman (issu de la religion Perse) est une entité maléfique capable de rivaliser avec le bien. Sept démons œuvrent à ses côtés. Il eût la plus grande influence sur le diable chrétien.
  • Le dieu Anubis (issu de la religion égyptienne) guide les âmes vers le royaume des morts. Il possède une queue.
  • Le dieu Pan (issu de la religion grecque) influença fortement l'apparence du démon chrétien par les sabots, les cornes, le bouc, les pattes velues et l'odeur pestilentielle, mais s'illustre également comme le tentateur des séductions terrestres.
  • Les décors de la mythologie étrusque (peuple d'Italie depuis l'âge du fer) tel que les flammes, les cercueils … etc. 

  

 Représentation d' Anubis 

  

Haut-relief du dieu Pan
 

Les écrits judéo-chrétiens retracent parallèlement l'histoire et la constante évolution de Satan.
Il apparaît dans l'Ancien testament sous le nom de « l'adversaire ». Par la suite, on le retrouve dans le livre de Job (qui est un des livres de l'ancien testament) où il agit comme un tourmenteur de l'humanité. Il est également très présent dans les évangiles, où le mal et le bien sont en constantes affrontations. Enfin, il prend la forme d'un dragon menaçant, incarnation totale de la malfaisance dans l'Apocalypse de Jean : « Un autre signe parut encore dans le ciel; et voici, c'était un grand dragon rouge, ayant sept têtes et dix cornes, et sur ses têtes sept diadèmes. Sa queue entraînait le tiers des étoiles du ciel, et les jetait sur la terre. » (Apocalypse 12.3)

 

Le rôle de Satan est désormais défini : Adversaire de Dieu, du Bien, mais également des hommes, qu'il pervertit au mal. Il incarne le mensonge, la tromperie, la tentation.
Dans le nouveau testament, il sera d'ailleurs nommé par des termes comme « le tentateur », « l'ennemi », « le menteur », « l'ange de l'abîme ».

 

Néanmoins, l'évocation du démon est une chose commune aux chrétiens. Ils ont une image très scolaire du diable, due à l'enseignement chrétien et aux contes populaires de l'époque. En effet, malgré la peur inspirée par Satan par le biais de l'éducation chrétienne (Notamment à la vision de sculptures et peintures effrayantes), ce dernier sera souvent tourné au ridicule : Présenté dans les livres comme un être peu rusé et dépourvu de tout pouvoir, il se fera duper facilement. De plus, il sera illustré de façon comique, en une caricature d'une figure humaine dégénérée.

 

 

Tête de diable sculptée à l'abbaye de Sénanque

 

Illustration du Codex Gigas au XIIIè siècle

 

Un vitrail de la Sainte chapelle

 

 Avec la renaissance, à partir du XVe et du XVIe siècle, la grande folie démoniaque apparaît au sein du monde chrétien. Cette hystérie est due aux représentations artistiques trop nombreuses du diable. Le peuple est apeuré par les changements physiques de la bête : les diables mi-humains, mi-bestiaux apparaissent ainsi que les immenses chaudières où mijotent les assassins, les voleurs, les menteurs. On pense que Satan ne règne plus seulement sur l'enfer, mais qu'il est aussi dans le monde des hommes. Les chrétiens ont peur de la possession et développent l'exorcisme
Apparaît la chasse aux sorcières qui fera près de 300 000 victimes tuées par flagellation ou sur le bûcher, incluant des enfants d'une dizaine d'années et des vieillards souvent sans aucune raison.

« Le supplice de Anne Hendick », gravure, 1571

  

Cette terreur disparaît au XVIIIe siècle avec le développement de la pensée laïque, le siècle des lumières, de la raison et des sciences. De grands écrivains comme Diderot ou voltaire luttent contre la croyance au diable et dénoncent cette divinité comme pure invention du clergé. La peur du diable disparaîtra totalement après la Révolution française.

 

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